Utiliser Facebook, Twitter et YouTube en médecine?


Les médias sociaux ont un rôle essentiel à jouer en médecine, pour les professionnels de la santé comme pour le grand public. Nous avons tous à y gagner.


Peer-to-peer healthcare is a way for people to do what they have always done – lend a hand, lend an ear, lend advice – but at internet speed and at internet scale.

Suzannah Fox, Medicine 2.0: Peer-to-peer healthcare


Publiée en 2013, l’étude « A New Dimension of Health Care: Systematic Review of the Uses, Benefits, and Limitations of Social Media for Health Communication » a comme son nom l’indique porté sur l’utilisation, les bénéfices et les limitations des médias sociaux pour la communication santé pour le grand public, les patients et les professionnels de la santé.

On peut y lire :

Les médias sociaux changent la nature et la vitesse des interactions entre les individus et le monde de la santé. Le grand public, les patients et les professionnels de la santé utilisent les médias sociaux pour échanger sur des sujets médicaux. Aux Etats-Unis, 61% des adultes effectuent des recherches en ligne et 39 % utilisent les médias sociaux comme Facebook pour y chercher des informations médicales

Pour ce qui est de l’Europe, il existe par exemple des chiffres sur l’utilisation des réseaux sociaux chez les malades chroniques :

« Recherchant des témoignages de pairs, les malades chroniques sont des internautes communautaires : 48 % participent à des chats ou des forums. Près de 7 sur 10 (67 %) disposent d’un profil Facebook et 20 % d’un compte Google Plus. Les personnes souffrant de maladies chroniques disposent, dans près de 20%, d’un compte sur le forum d’une association ou sur une communauté de patients »


Bénéfices et dangers

Les bénéfices potentiels sont nombreux, on peut par exemple citer :

  1. L’augmentation de l’accessibilité à l’information santé, les médias sociaux sont par exemple un puissant outil pour diffuser de l’information santé vulgarisée.
  2. L’augmentation de l’interactivité entre le grand public, les patients et les professionnels de la santé, une interactivité indispensable pour évoluer vers une médecine moderne.
  3. La capacité des réseaux sociaux à jouer un rôle de soutien social et émotionnel, on peut notamment penser aux patients atteints de maladies graves, de cancer notamment.

Il existe aussi bien sûr des dangers. Le premier est certainement le problème de la qualité de l’information. On trouve sur Internet des informations de qualité très variée. Mais c’est à notre avis plutôt une raison pour encourager les professionnels de la santé et les patients à mieux connaître les réseaux sociaux. Deuxième danger, Internet et les médias sociaux doivent être utilisés par les patients pour s’informer, pas pour s’auto-diagnostiquer.


Quelques exemples

Quelques exemples pour illustrer les immenses possibilités qu’offre l’utilisation des médias sociaux en médecine. Plusieurs situations sont possibles :

  • Echange entre les professionnels de la santé et les patients / le grand public.
  • Echange entre patients.
  • Echange entre professionnels de la santé.


Facebook

Les hôpitaux informent. L’acteur le plus dynamique en Suisse romande est sans conteste les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Les HUG sont présents sur Dailymotion et YouTube depuis 2009, sur Facebook et Twitter depuis 2011. Le compte Twitter des HUG est suivi par plus de 3000 followers. La page Facebook des HUG est suivie par plus de 5700 personnes.

Cancer du sein, les patientes s’entraident. La page Facebook « Seinplement Romand(e)s » a été créée par la vaudoise Christine Bienvenu. « Parce je suis concernée par la maladie, j’ai créé une plateforme pour les personnes atteintes par le cancer du sein en Suisse Romande. Christine Bienvenu anime aussi un blog, elle est aussi présente sur Twitter @Tinaburger.

Facebook soigne. Le réseau social de Mark Zuckerberg est parfois utilisé dans les processus de soins. Une étude a par exemple montré que l’utilisation de Facebook permettait d’améliorer les connaissances sur la contraception, une autre que Facebook permettait de mieux contrôler son diabète.

Twitter

Pour l’OMS, un outil d’information puissant. Le compte Twitter de l’Organisation mondiale de la santé est suivi par 1.6 millions de personnes. En période d’épidémie, un moyen rapide de diffuser de l’information.




Un hôpital américain. Le compte de la Mayo Clinic est suivi par 895’000 personnes, un puissant outil pour diffuser de l’information santé. Au sein de cet hôpital, les réseaux sociaux sont utilisés comme un moyen de poursuivre la conversation avec le patient. A tel point que la Mayo Clinic a mis au point un cursus de formation aux réseaux sociaux, destiné en priorité au personnel soignant. Cette formation fait suite aux retours très positifs de la stratégie d’utilisation des réseaux sociaux « pour améliorer la relation patient-médecin mise en place par les praticiens de la clinique ».

Twitter, pour chatter. Avec le hashtag #Bcceu, chaque premier jeudi du mois à 20h30 GMT a lieu un chat en direct pour toute les personnes concernées par le cancer du sein en Europe.




La version 2.0 de « a apple a day keeps the doctor away »




Un blog

Acteur de ma santé. L’hôpital Robert Schuman du Luxembourg a créé le blog « Acteur de ma santé » car « un patient mieux informé est un patient mieux soigné et en meilleure santé : telle est la conviction qui anime les médecins et les soignants du Centre Hospitalier du Kirchberg ».


Acteur de ma santé


YouTube

Les hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Quel meilleur moyen d’information que la vidéo ? Les hôpitaux universitaires de Genève sont présents sur YouTube, plusieurs vidéos d’information patient comptabilisent plus de 300’000 vues…

Renaloo, une communauté pour toutes les personnes touchées par une maladie rénale. Renaloo a comme objectif d’apporter soutien, information et entraide aux patients concernés par l’insuffisance rénale et à leurs proches. Renaloo est aussi présent sur YouTube.

Dr Mike Evans. Un médecin américain qui utilise YouTube pour informer ses patients ! Surprenant mais terriblement efficace.

Oui, en 2015, il est indispensable d’utiliser Facebook, Twitter et YouTube en médecine.


Peer-to-peer health care is a slow idea that will change the world

Suzannah Fox



Mis à jour le 17.12.2015

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